Nuremberg : Quand le langage met l'horreur à distance

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🎞️Nuremberg : quand le langage met l'horreur à distance

La semaine dernière est sorti au cinéma Nuremberg, de James Vanderbilt consacré à l’analyse psychiatrique de Hermann Göring menée par le docteur Douglas Kelley. Haut dignitaire nazi et fondateur de la Gestapo, Göring est déclaré sain d’esprit, comme les vingt-deux autres accusés du procès de Nuremberg.

Comment des hommes ont-ils pu commettre de tels crimes tout en restant psychiquement « normaux » ?

Le sujet est vaste et complexe, tout un système idéologique, politique et bureaucratique a permis de rendre le crime pensable, puis acceptable.

L'un des éléments saillants de ce système est l'établissement de "règles de langage" très codifiées, comme le rappelle le film. Les nazis ne parlaient pas de « déportation » mais de « réinstallation ». Les meurtres de masse étaient désignés sous les termes de « Solution finale » ou de « traitement spécial ». La politique et philosophe Hannah Arendt explique que ce système de langage avait pour effet d’empêcher les gens «de mettre leurs actes en rapport avec leur ancienne notion “normale” du meurtre».

Conclusion

🧠 Les mots ne sont jamais neutres. Ils ne servent pas seulement à décrire le réel, ils le façonnent. Ils peuvent créer de la distance, anesthésier les consciences, transformer l’inacceptable en procédure.

Chez Cogito, on apprend à repérer et analyser ce pouvoir du langage, et à comprendre comment il influence notre manière de voir le monde.